23.06.2009

Trentenaires Losers - Génération perdue ?

Article du Figaro le 15/10/2007 :

« LOIN DU TEMPS où les catherinettes étaient raillées et les vieux garçons, qui avaient raté leur vie, taxés de «loosers» , le célibataire jouit aujourd'hui d'une image plus positive. Le nombre fait la force, dira-t-on, car l'augmentation des célibataires en France est exponentielle : en quarante ans, ils ont plus que doublé, passant de 6,1% en 1962 à près de 14% en 2004, soit 8,3 millions de personnes.

Et encore, ces statistiques de l'Insee correspondent à une population non mariée et vivant seule chez elle. Si l'on y ajoute les deux millions de familles monoparentales, les divorcés, les veufs et autres célibataires qui vivent avec un parent sous leur toit, le chiffre atteint les 12 ou 13 millions, voire les 15 millions. Un niveau proche de la moyenne européenne, l'Union comptant 18% de célibataires. La Suède (28%) arrive en tête, la Belgique et les Pays-Bas (15%) en fin de peloton.

Côté répartition, la parité est presque de mise en France : le célibat concerne 47% des hommes et 53% des femmes, contre respectivement 43% et 48% il y a dix ans. Enfin, plus de la moitié des personnes seules ont plus de 55 ans. Divorces obligent, le profil du célibataire a changé. «Ce ne sont plus tant des trentenaires que des 40-45 ans, indique Odile Lamourère, psychosociologue et conseillère conjugale. En général, ils ont déjà été mariés et ont souvent des enfants, ce qui ne simplifie pas la réorganisation d'un nouveau couple.» Selon une étude européenne réactualisée en 2006 par le site Parship.fr, 52% des célibataires français le seraient depuis plus de trois ans.

(…)

L'image du célibataire dans la société a aussi beaucoup changé. Malgré des profils très diversifiés et un célibat parfois plus subi que choisi, le «solibataire» ou «soliste», comme préfère les appeler Odile Lamourère, est globalement plus assumé qu'avant, voire revendiqué.

Au point de se définir «célibattant» et de voir la vie en solo davantage comme un état d'esprit, un mode de vie, qu'un statut ou un état civil. À cet égard, le sociologue Serge Chaumier observe même un transfert des valeurs : «Alors que les homos aspirent aujourd'hui à avoir la vie de couple des hétéros, les hétéros, eux, veulent vivre selon le mode célibataire des homos», dit-il.

Ce choix de vie peut paraître plus épanouissant, «d'autant qu'aujourd'hui, le mariage n'est plus la façon de réussir sa vie», explique Serge Chaumier. Reste la question des enfants : «Les célibataires souffrent moins de ne pas avoir de conjoint que de ne pas avoir d'enfants», affirme le sociologue. L'idée que «nous sommes tous des intermittents de l'amour», comme le résume Odile Lamourère, fait son chemin.

Ainsi, 40% des célibataires assumeraient très bien le fait de vivre seul, les femmes plus volontiers que les hommes. «La pression sociale veut à tout prix nous faire vivre à deux, mais la condition sine qua non pour être heureux en couple, c'est déjà de l'être tout seul», affirme la spécialiste. »

ET MON CUL C’EST DU POULET ?

Oui, je suis vulgaire. J’assume.

Qui a dit que les trentenaires seuls (pas en couple, qui n’a pas été marié, qui n’a pas d’enfant(s) ni de chat) n’étaient pas de losers ?

Qui a dit qu’il n’y avait plus de pression sociale ?

Sondage :

Qui dans le cas cité ci-dessus (chats, poissons rouges et autres animaux de « compagnie » acceptés (le mot « de compagnie » définit directement que les gens qui ont des animaux sont désespérés et désespérant)) n’a jamais connu, au travail ou en soirée (repas dominical du midi accepté également) la situation suivante :

« Tiens, salut Barnabé. Tu sais pas, Ginette vient d’accoucher de son deuxième ?

« Super. »

« Et toi, tu en es où ? Des enfants ? »

« Non »

« Marié ? »

« Non »

« En couple alors !? »

« Non plus ».

« Ah… »

Gros blanc genre « ah merde, je pensais pas que Barnabé était un cas social ».

Et avec l’âge qui avance, je vais pas tarder à avoir un ajout dans la liste.

« Divorcé ? ».

De même que je hais le mot « célibattant ».

Genre « j’assume grave mon célibat alors que la terre entière considère que pour donner un sens à sa vie, il faut avoir fait des mômes ».

Si tu vis bien ton célibat, arrête de le mettre en avant et ferme ta gueule !

Et puis on vit une époque formidable.

On connaît un taux de chômage fort sympathique (oui, bon, OK, à 30 ans, ça va mieux qu’à 25).

On paie la retraite de nos parents, pour ceux qui ont la chance de travailler, et on aura que dalle quand la bise va venir.

On a la chance de vivre en 2.0. C’est génial. Comme ça, on a des relations virtuelles (MSN, Facebouc et autres Mitic), l’insécurité de notre jeunesse nous a transformé en robots indifférents qui ne sourient jamais dans les transports ni dans la rue et nous ignorons superbement qui sont nos voisins.

On vit tout seul !

D’un côté c’est sympa. Pas de contraintes horaires, pas de problèmes de zapette, de régime particulier (végétarien, sans sel…), de ballon d’eau chaude vide…

De l’autre, ma meilleure amie, celle avec qui je « partage » le plus d’émotions, c’est ma télé !

C’est aussi elle qui nourrit mes fantasmes.

Je me confie à mon ficus et le chat des voisins, qui vit quasiment cloitré, a eu beaucoup plus de relations sexuelles que moi ces deux dernières années.

Quel mode de vie choisir ?

Bah, en fait, pour ma part, le choix s’est fait tout seul.

Tout ceci est probablement la résultante de mon caractère, de la génétique, de mon vécu. Du coup, je n’ai jamais tenté de me sortir les doigts.

Mais je n’ai pas l’impression d’être un cas isolé.

Je pense (peut être à tort), qu’il y a de moins en moins de célibataire du type « je sors tout le temps, je baise tout le temps et jamais deux fois avec le/la même partenaire » et de plus en plus de gens dans mon cas, qui passent leurs nuits chez eux, dans un grand lit vide après une soirée devant la télé.

De même que je ne pense pas que la majorité des « jeunes loups/working girls » qui mettent leur carrière avant la vie personnelle le fasse délibérément. Quand on a « rien » à faire chez soi et qu’on a un boulot intéressant, pourquoi ne pas passer plus de temps au boulot ?

Surtout que ça permet d’avoir de l’avancement de gagner et donc d’assurer le train de vie d’un célibataire. Car aujourd’hui, avec le prix de l’immobilier, c’est un luxe le célibat.

Est-ce que si le modèle de notre société n’était plus la famille, je me poserai toutes ces questions sur mon futur, mon absence de famille, la nécessité d’avoir des enfants ou pas pour donner un sens à sa vie ?

Difficile à dire.

Attention, je n’ai pas non plus sombré dans la dépression permanente et je ne mène pas non plus une vie monacale.

Je fais partie des Trentenaires Losers, les fameux TL.

Ils sont facilement reconnaissables.

C’est le groupe que vous croisez en soirée ou dans les bars, le vendredi soir ou parfois le jeudi soir, lors des fameux « after work ».

Ils se regroupent après le boulot, ils sont en groupe de 5-6, majoritairement des garçons, parlent assez fort, vous matent si vous êtes du sexe opposé, ne vous adressent pas la parole ou alors rarement, une fois qu’ils sont assez alcoolisés, et dans ce cas vous ne les comprenez pas ou préférez ignorer leurs allusions bizarres.

Ils sont aussi déjà là quand vous arrivez et encore là quand vous partez.

Ils viennent pour ne plus se sentir seuls, pour noyer dans l’alcool les idées noires qu’ils ont pu avoir pendant la semaine, spécialement le jeudi soir quand il n’y a rien à la télé.

Ils viennent pour voir les couples amoureux, les couples en train de se former et se dire qu’un jour, avec beaucoup de chance, ce sera aussi à leur tour.

Quand vous intégrez un tel groupe, pour une soirée, pour les vacances, pour la prochaine décennie, leurs histoires commencent invariablement par « c’était le lendemain d’une soirée où on s’était pas raté ».

Vous l’aurez compris, le TL est dipsomane. En effet, il n’est pas alcoolique, car en semaine, devant « L’amour est dans le pré », « Koh-Lanta » et autre télé-réalité, le TL boit des soft drinks.

C’est le week-end et pendant les vacances que le TL « se la colle ».

C’est un choix de vie, ça lui permet d’oublier ses soucis, son futur incertain.

Pourquoi ne pas en profiter et s’enfiler un autre godet ? De toute façon, la pollution, le cancer, Alzheimer, les Coréens, les Iraniens finiront par nous avoir. Autant en profiter et partir en beauté, à 50 ans, les artères bouchées et le foie en compote.

Mais attention, cet état d’esprit n’empêche pas le TL d’être joyeux.

Le TL n’est pas dépressif et déprimant.

Le TL est content d’être avec ses potes.

Le TL, comme tous les comiques, cache un passé et un présent parfois difficile au travers d’un sens de l’humour caustique.

Bref, le TL peut vous faire peur quand vous le croisez mais sachez que le TL, si l’on va vers lui, se sociabilise et est fort sympathique.

Donc, vendredi soir, quand vous croiserez un groupe de TL, soyez gentil avec lui et souriez.

Barnabé

Commentaires

Han !!!
Mais grave !
Mais moi je dis +1 et plutôt deux fois qu'une donc ça fait + 2 !
Avec une légère nuance tout de même : moi je déprime car je n'ai même pas de club TL. C'est l'hypra lose. En plus, je supporte plus l'alcool. Chié.
Demain (demain c'est jeudi, donc TL si j'ai tout compris, mais si c'est un autre jour c'est pas grave, je prends aussi), je veux que solennellement, tous ensemble, vous vous en jetiez un à ma santé. Tu le feras pour de vrai hein dis?

Ecrit par : La Moule | 24.06.2009

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